Techniques et Montages

Streamer d'Alfred Monchy : Ce montage est l'apanage du Club

 

Le streamer est une arme fatale pour les grosses truites, en début et en fin de saison !

La pêche de la truite au streamerMême si elle n’a véritablement connu la gloire que ces dernières décennies avec la création des réservoirs, la pêche au streamer a un très long passé. Ses origines remontent à l’époque où l’homme ne connaissait guère le métal et construisait ses hameçons en os ou en corne.
Au siècle dernier, les pêcheurs de Nouvelle-Zélande capturaient la truite et le saumon avec des « objets plumeux non identifiés »... Ce pays figure encore aujourd’hui, avec les Etats-Unis, parmi ceux qui ont développé cette pêche. C’est à eux que l’on doit l’emploi de la peau de lapin, le fameux streamer Matuka ainsi que beaucoup d’autres moins connus.



Où et quand pêcher au streamer ? 

La pêche au streamer demande une très grande connaissance des habitats à truite. Il ne s’agit pas de pêcher à l’aveugle, mais de prospecter tous les postes susceptibles d’abriter un poisson. Certains sont bien marqués et faciles à repérer, d’autres sont beaucoup moins nets, remous, fins de radiers, l’amont et l’aval des pierres immergées, ralentissements entre deux veines d’eau plus rapides...
A l’exception de très grandes rivières où elle peut se trouver en pleine eau, derrière un galet, un rocher ou autre obstacle, en règle générale la truite se cantonne proche des berges, à l’abri du courant principal. C’est donc cette zone ainsi que tous les postes marqués qu’il convient de prospecter en priorité. 
Cette technique peut se pratiquer tout au long de l’année avec de réelles chances de succès. Cependant c’est au début et à la fin de saison qu’elle donne les meilleurs résultats. Car durant ces deux périodes, la truite met les bouchées doubles et ne s’intéresse qu’aux proies de taille importante. A l’ouverture parce qu’elle sort de l’hiver complètement affaiblie et a donc besoin de se refaire une santé, avant la fermeture parce qu’elle doit se reconstituer des réserves en vue de sa prochaine reproduction ! Le streamer imite à merveille les proies dont elle a besoin à ces moments-là ! 



Les bons modèles 

Le streamer imite un petit poissonnet, un alevin, vairon, chabot…, mais aussi des vers d’eau, de gros insectes et tout animal aquatique d’une taille supérieure à celle d’une mouche classique.
La gamme des streamers est très large et le pêcheur n’a que l’embarras du choix. Les matériaux utilisés pour leur fabrication sont très variés, bucktail, tinsel, peau de lapin, plumes les plus diverses... Mais pour pêcher en rivière et espérer tromper des truites sauvages, il vaut mieuxéviter des modèles fantaisistes, de couleurs clinquantes, destinés principalement aux truites arc-en-ciel. 

En milieu naturel, les streamers les plus efficaces sont ceux qui imitent parfaitement un petit poisson, aussi bien de part leur aspect que de part leurs taille et coloris.
Il convient de mêler harmonieusement des produits naturels tels que le marabout inégalé quant à sa mobilité dans l’eau et des fibres synthétiques comme les cristal-flash, imitant à merveille l’aspect brillant du poissonnet.
Rajoutons également de nouveaux produits issus de l’industrie chimique telle la fameuse colle Epoxy, permettant de créer des leurres translucides. 


Prospection et animation 

La prospection fine s’effectue avec méthode ! Le lancer est perpendiculaire à la berge. En dérivant, la soie emmenée par le courant crée une grande boucle. Par rapport à d’autres pêches à la mouche, ici pas besoin de réaliser des mendings. Au contraire, ces ventres accélèrent le déplacement du streamer imitant ainsi un poissonnet en fuite.
Ligne tendue, canne basse, le scion au ras de l’eau, il convient de suivre l’évolution du leurre puis de l’animer par une série de petites tirées irrégulières, entrecoupées de phases d’arrêt. 

La fin de la dérive est un moment crucial, l’attaque se produit souvent à l’instant où le streamer « tourne ». La soie réalise alors un arc de cercle en laissant croire à la truite qui suit le leurre, qu’il va lui échapper.
Animation lente ou rapide, tout dépend de l’activité du poisson. En règle générale, plus les eaux sont froides, plus elle doit être lente. Mais il faut également tenir compte du comportement naturel des proies imitées. En effet, dans les zones à courant lent, les vairons se déplacent rapidement, tandis que dans les secteurs à courant fort, ils évoluent très lentement ! 



Le matériel 

Ces leurres de taille importante impliquent l’emploi de canne puissante, 9 à 10 pieds, prévue pour soie n° 7 ou 8. En rivières peu profondes, une soie flottante ou intermédiaire convient tout à fait mais dans ce cas-là, le streamer est obligatoirement plombé. En revanche, en eau profonde, une soie flottante à pointe plongeante ou une ligne coulante est préférable.
Le bas de ligne, quant à lui, est relativement court, d’une longueur qui varie selon les conditions de pêche de 2 à 3 m, et se termine par une pointe en 20/100, longue d’environ un mètre.